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lundi 5 août 2013

Episode 4 - Premier contact



Qu’importe. Je baisse les yeux, inspire profondément et reprends le paragraphe au départ. J’aime lire, j’aime quand les histoires ainsi contées m’emportent ailleurs. Quand c’est le cas, plus rien n’existe autour…

Une voix d’homme résonne à mes oreilles. Elle semble proche mais je n’ai pas compris les mots, trop absorbée par ma lecture. Ils s’adressent peut-être à moi ? 

Je lève la tête de mon livre et au fur et à mesure que mon regard remonte, je vois : des chaussures noires élégantes, puis un pantalon anthracite, une ceinture de cuir noire, une chemise en coton, un col entrouvert qui laisse apparaître le haut d’un torse avec une chaîne en argent et enfin un visage relativement bienveillant. L’inconnu qui me regardait. C’est effectivement à moi qu’il s’adressait… 

Que me veut-il ? Quelque peu agacée d’avoir été dérangée pendant ma lecture, je fronce les sourcils, et lance un « Pardon ? ». 

Mon portable sonne ne laissant pas à l’inconnu le temps de me répondre. Je lui fais signe, l’index tendu, d’attendre quelques secondes. 

Je me tourne pour attraper mon portable dans mon sac à mains, me préparant déjà à devoir en retourner la moitié, avant de mettre la main sur le dit objet. Mon sac est à moitié renversé, il a « baillé » et bonne une partie de son contenu se trouve sur la pelouse du parc, derrière le banc. 

Mon portable est au milieu de ce bric-à-brac de fille. Il sonne frénétiquement. Je tends un bras trop court pour l’atteindre. Je suis obligée de me pencher pour m’en saisir. C’est ma belle-sœur. Les photos ! Je devais lui faire parvenir des photos… Je rejette l’appel, je lui enverrais dès que je rentre, pour le moment je ne peux rien pour elle. 

Je prends soudain conscience que la personne est toujours en face de moi, je remets à quelques secondes plus tard, le ramassage de mes effets. 

Je me retourne tout en me demandant ce que ce type me veut :
« - Excusez-moi, vous me disiez ?
Il a l’air surpris et amusé. J’espère que rien de compromettant ne s’est échappé de mon sac…

mardi 5 mars 2013

Episode 8 - Sensations tactiles




« - Ah oui quand même… Ma culture dans ce domaine est limitée. Je lis au coup de cœur. Et cette fois-ci, je me suis laissée tenter par « Le passager » de Granger… Vous connaissez peut-être ? » 

De la culture… C’est une bonne chose. J’apprécie les gens intéressants dont on a des choses à apprendre.


L’homme est en train de ramasser les choses qui sont tombées de mon sac et que je n’ai pas encore ramassées. Gentiment, il pose mon bric-à-brac sur le banc. J’aime les gens qui usent de bonnes manières… 


«  - Laissez, je vous en prie… Je rangerais mon petit bazar… »


Monsieur l’Inconnu est toujours accroupi à côté de moi quand soudain, il vacille, tente de se rattraper maladroitement et se rétabli.

A ma grande surprise, il se saisi de mon pied gauche. Il a besoin de se raccrocher à quelques chose me dis-je, mais au même moment sa main vient se loger sur ma cheville. Un large sourire. Serait-ce un jeu dont je ne connais pas les règles ?


Moi qui d’ordinaire déteste les contacts qu’imposent les gens « trop » tactiles, la foule, les files d’attentes et autres lieux où la promiscuité est de rigueur, je me surprends à trouver celui-ci charmant. 
Car bien que la prise soit ferme, le geste n’en reste pas moins délicat. La main est tiède, presque douce. Cet homme ne fait pas un travail manuel me dis-je. 

Cette « prise » m’a déstabilisée, sans avoir réellement peur, elle a tout de même généré une certaines méfiance. Je ne suis pas en temps ordinaire une personne que l’on aborde si facilement. C’est à croire qu’il perçoit mon inquiétude car il me décoche un sourire des plus enjôleurs. J’ai envie de rire mais ayant peur qu’il pense que je me moque et qu’il prenne mal la chose je m’en abstiens… 


Je ne m’en étais pas aperçu mais je le fixais. Ce qui me donna l’occasion de voir passer comme un voile dans son regard… Quelque chose d’étrange. Le sentiment que les choses prenaient une drôle de tournure et que cette rencontre n’était pas banale me parvint. Je ne peux m’empêcher de lui sourire.


Ceci dit, je commence à me dire qu’il va bien falloir qu’il relâche sa prise à un moment ou un autre. Je lui tends alors la main, pour qu’il se relève. Non seulement la durée de ce contact commence à devenir gênant mais en plus le fait d’avoir un homme ainsi agenouillé devant moi, me mets mal à l’aise.


L’homme prend ma main. Je m’attendais à une poigne ferme mais il n’en est rien. Tout est en finesse. Un juste équilibre entre souplesse et force. Il se redresse lentement. Je m’aperçois qu’il est de grande taille. Enfin, vu ma taille, la majorité des gens me paraissent grands…


Cependant, être assise alors qu’il est debout face à moi, me déplaît. Je préfère de loin que nous soyons sur un pied d’égalité. Autant je n’aime pas qu’un homme se soumette, autant je n’aime pas l’être. D’un geste de la main, je l’invite à s’asseoir à coté de moi…



mardi 5 février 2013

Episode 9 - Les Plaisirs de Lire...



Instantanément j’ai senti à ce contact de ma main une réaction des plus naturelles de défiance malgré le naturel de mon geste…L’élégance toute aussi naturelle de sa main pour m’inviter à me redresser est d’une légèreté tout en rapport avec l’atmosphère comme éthérée de cette mise en relation inhabituelle….

« Voyez, finalement c’est trois fois rien ce qui a glissé de votre sac » dis-je en déposant des objets de maquillage. « Oui, Volontiers, je veux bien m’asseoir à vos côtés » choisissant le côté opposé aux effets posés sur le banc.

« Je connais Granger pour  Les Rivières Pourpres" un film que j’ai adoré après avoir lu le seul auteur français à m’avoir apporté le plaisir de lire dans le style James Ellroy qui m’a conduit à ne plus pouvoir rien lire par la suite….Ha ! voilà que j’ai oublié son nom…… » Presque spontanément et compte tenu de la chaleur de cette situation de proximité immédiate, voilà que je m’enflamme quelque peuau moment même où je sens un intérêt particulier de mon interlocutrice. Mon regard retrouve retrouve le sien après m’être assis.

« Voilà, j’ai retrouvé : Maurice Dantec, c’est cela, Maurice Dantec……Les livres sont aussi des objets et je vois que vous êtes sensible aussi au contexte propice à la lecture, ce lieu, cet isolement….. Vous me permettez ... ?»-dis-je en tendant la main pour m’emparer du livre déposé bien à plat sur ses cuisses….mes doigts retrouvent à nouveau un bref instant ce contact physique avec le fin tissu de la robe légère qui recouvre ses jambes que je sens se contracter légèrement en réaction à mon geste…
 
Ces effleurements successifs contribuent à enrichir en quelques minutes la qualité d’un trouble envahissant qui semble nous électriser tous les deux en portant chacun nos sensibilités à une sorte et une forme d’expansion à croissance particulièrement rapide. Je sens soudain mon sang battre à mes tempes, à mon cou, mes mains devenir fébriles alors que je tourne l’objet dans mes doigts « Oui, j’ai beaucoup aimé ce film tiré de l’Ouvrage de Jean-Christophe Granger qui m’a conduit dans les ambiances étranges d’Ellroy malgré l’absence du contexte urbain de ses romans ».
Une détonation retentissante et sourde au loin nous rappelle soudain la présence de la ville toute proche qui prépare les festivités. Ma gorge se serre davantage en devinant ce trouble analogue au mien chez mon interlocutrice et comme un besoin de briser la glace s’impose que favorise le déchirement de l’air par l’explosion… « Que diriez-vous d’aller faire quelques pas… ? »,

 Je devine son acquiescement implicite à ses gestes rassemblant rapidement ses affaires ce qui m’offre encore une fois de l’observer dans ses mouvements gracieux pour pivoter de côté , ses jolies mains, la naissance de ses épaules dessinée par l’encolure de la robe, ses bras partiellement dénudés et ses parfums qui viennent avec une puissance accrue je pense par l’effet de ce trouble partagé qui me rend ultra sensible…..