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mercredi 5 juin 2013

Episode 6 - Le semeur de trouble




 «  - Oh un policier très sombre… Rien à voir tout ce qui nous entoure, mais j’avais besoin de calme pour me concentrer sur ma lecture…Et puis j’aime bien cet endroit ! »

L’homme en face de moi me semble difficile à cerner… Son regard est étrange. Pourquoi? Je ne saurais le dire.
Pendant que mon esprit était tourné vers ce qui m'amenait à penser que mon interlocuteur était singulier, mon livre, lui, glissa subitement de mes genoux sans que j'ai eu le temps de m'en apercevoir.
L'étranger le rattrape dans un geste vif, se retrouvant ainsi accroupi tout près de moi... Je sursaute un peu surprise. Drôle d'impression que d'avoir un parfait inconnu à ses pieds. La scène à quelque chose de comique et d'un peu désuet qui étire un sourire sur mes lèvres.

Décidément entre le sac qui se répand et le livre qui tombe, je dois passé pour quelqu’un de très éparpillé!

L'homme aussi à l'air de trouver la situation cocasse.

"Décidément, tout semble très mouvant et léger aujourd'hui..." 


Je ne sais pas vraiment s'il y a un sous entendu dans cette phrase mais elle a le mérite de me faire sourire. Il y a un certain esprit derrière ce regard...
Il jette un œil à mon livre et me le tend.

En attrapant l'ouvrage, ma main vient de façon fortuite au contacte de la sienne. Un geste de ma part, un peu trop précipité sans doute qui a conduit nos épidermes à se frôler. Électrisant. Un peu surprise par l'effet de ce geste et consciente de la nature quelque peu gênante de ce contact intempestif et non désiré, je reprends mon livre, lâchant un "Pardon" au passage.

"Merci!".

Je ne m'attendais pas à ce contact physique, si minime soit-il. Ni à cette réaction physiologique. Je suis mal à l'aise, d'autant plus, que j'ai la sensation que cela se voit... 

 


mardi 5 mars 2013

Episode 8 - Sensations tactiles




« - Ah oui quand même… Ma culture dans ce domaine est limitée. Je lis au coup de cœur. Et cette fois-ci, je me suis laissée tenter par « Le passager » de Granger… Vous connaissez peut-être ? » 

De la culture… C’est une bonne chose. J’apprécie les gens intéressants dont on a des choses à apprendre.


L’homme est en train de ramasser les choses qui sont tombées de mon sac et que je n’ai pas encore ramassées. Gentiment, il pose mon bric-à-brac sur le banc. J’aime les gens qui usent de bonnes manières… 


«  - Laissez, je vous en prie… Je rangerais mon petit bazar… »


Monsieur l’Inconnu est toujours accroupi à côté de moi quand soudain, il vacille, tente de se rattraper maladroitement et se rétabli.

A ma grande surprise, il se saisi de mon pied gauche. Il a besoin de se raccrocher à quelques chose me dis-je, mais au même moment sa main vient se loger sur ma cheville. Un large sourire. Serait-ce un jeu dont je ne connais pas les règles ?


Moi qui d’ordinaire déteste les contacts qu’imposent les gens « trop » tactiles, la foule, les files d’attentes et autres lieux où la promiscuité est de rigueur, je me surprends à trouver celui-ci charmant. 
Car bien que la prise soit ferme, le geste n’en reste pas moins délicat. La main est tiède, presque douce. Cet homme ne fait pas un travail manuel me dis-je. 

Cette « prise » m’a déstabilisée, sans avoir réellement peur, elle a tout de même généré une certaines méfiance. Je ne suis pas en temps ordinaire une personne que l’on aborde si facilement. C’est à croire qu’il perçoit mon inquiétude car il me décoche un sourire des plus enjôleurs. J’ai envie de rire mais ayant peur qu’il pense que je me moque et qu’il prenne mal la chose je m’en abstiens… 


Je ne m’en étais pas aperçu mais je le fixais. Ce qui me donna l’occasion de voir passer comme un voile dans son regard… Quelque chose d’étrange. Le sentiment que les choses prenaient une drôle de tournure et que cette rencontre n’était pas banale me parvint. Je ne peux m’empêcher de lui sourire.


Ceci dit, je commence à me dire qu’il va bien falloir qu’il relâche sa prise à un moment ou un autre. Je lui tends alors la main, pour qu’il se relève. Non seulement la durée de ce contact commence à devenir gênant mais en plus le fait d’avoir un homme ainsi agenouillé devant moi, me mets mal à l’aise.


L’homme prend ma main. Je m’attendais à une poigne ferme mais il n’en est rien. Tout est en finesse. Un juste équilibre entre souplesse et force. Il se redresse lentement. Je m’aperçois qu’il est de grande taille. Enfin, vu ma taille, la majorité des gens me paraissent grands…


Cependant, être assise alors qu’il est debout face à moi, me déplaît. Je préfère de loin que nous soyons sur un pied d’égalité. Autant je n’aime pas qu’un homme se soumette, autant je n’aime pas l’être. D’un geste de la main, je l’invite à s’asseoir à coté de moi…



dimanche 5 août 2012

Episode 15 - La Robe sur ses Reins.....


Familier de chutes par la souplesse anormale de mes ligaments de cheville, je crains le pire au moment d’un impact soudain avec cette charmante et frêle personne en comparaison avec mon gabarit. 

C’est de son corps, qu’elle maintient et rétablit mon équilibre et c’est avec ravissement que je réalise le contact de ses mains sur moi posées et maintenues avec certaine fermeté, alors que je redresse mon visage vers le sien pour présenter des excuses basiques et élémentaires…, que je bafouille tout en posant l’une de mes mains sur la sienne en reprenant mon souffle coupé le temps du déséquilibre…, le contact se prolonge ainsi quelques secondes, rassuré de ne pas lui avoir occasionné une chute… 

« Les parapluies n’auront aucune utilité par un tel beau temps, mais l’image de la protection est touchante, venant de vous après un tel sauvetage……» 

Je choisis de conserver cette accidentelle proximité familière sans en abuser pour observer sa réaction qui, spontanément semble positive. Ses parfums toujours très présents entretiennent ce trouble charmant qui me prive de quelques moyens de contrôle, renforcé par cette confiance que je perçois en Elle….. 

« Vous me montriez ces serres, vous les connaissez peut-être, j’ai été tellement charmé par la visite à Berlin des Serres du château de Charlottenburg et son fameux jardin botanique, bouleversant d’émotions…» 

Tout en maintenant ce contact de ma main sur la sienne je joue de quelques pressions de mes doigts sur les siens,
"Nous parlerions parfois des heures de ce qui nous tient à cœur, ou bien encore nous a touché, n'est-ce pas!"… 

Cette phrase jetée dans l'émotion de notre contact si soudain comme pour prolonger et protéger cette intimité si spontanée, en écho à cette probable inconscience de la confidence exprimée de cette "habitude" à n'être pas suivie (accompagnée...?)..... Cette personne est peut être solitaire dans sa vie sociale ou par personnalité.....son charme est certain et la chaleur humaine très féminine qui émane d'elle est attirante de par ce trouble mêlé au Désir qui progresse en moi...., ce qui ne doit pas manquer à présent d'être visible.... 

Ne souhaitant interrompre ce moment si fragile par une brusquerie quelconque engendré par une séparation mentale et physique de ce contact chaleureux, ma main vient à sa taille, se poser sur le haut de sa hanche dans un geste à la fois familier et léger, au bas de son dos sur ce fin tissu d'une robe si lègère à cet endroit là, qu'on en dirait une soie, dont l'effet tactile par transparence avec sa peau me fait frissonner alors que nos regards se croisent.....