mardi 5 février 2013

Episode 9 - Les Plaisirs de Lire...



Instantanément j’ai senti à ce contact de ma main une réaction des plus naturelles de défiance malgré le naturel de mon geste…L’élégance toute aussi naturelle de sa main pour m’inviter à me redresser est d’une légèreté tout en rapport avec l’atmosphère comme éthérée de cette mise en relation inhabituelle….

« Voyez, finalement c’est trois fois rien ce qui a glissé de votre sac » dis-je en déposant des objets de maquillage. « Oui, Volontiers, je veux bien m’asseoir à vos côtés » choisissant le côté opposé aux effets posés sur le banc.

« Je connais Granger pour  Les Rivières Pourpres" un film que j’ai adoré après avoir lu le seul auteur français à m’avoir apporté le plaisir de lire dans le style James Ellroy qui m’a conduit à ne plus pouvoir rien lire par la suite….Ha ! voilà que j’ai oublié son nom…… » Presque spontanément et compte tenu de la chaleur de cette situation de proximité immédiate, voilà que je m’enflamme quelque peuau moment même où je sens un intérêt particulier de mon interlocutrice. Mon regard retrouve retrouve le sien après m’être assis.

« Voilà, j’ai retrouvé : Maurice Dantec, c’est cela, Maurice Dantec……Les livres sont aussi des objets et je vois que vous êtes sensible aussi au contexte propice à la lecture, ce lieu, cet isolement….. Vous me permettez ... ?»-dis-je en tendant la main pour m’emparer du livre déposé bien à plat sur ses cuisses….mes doigts retrouvent à nouveau un bref instant ce contact physique avec le fin tissu de la robe légère qui recouvre ses jambes que je sens se contracter légèrement en réaction à mon geste…
 
Ces effleurements successifs contribuent à enrichir en quelques minutes la qualité d’un trouble envahissant qui semble nous électriser tous les deux en portant chacun nos sensibilités à une sorte et une forme d’expansion à croissance particulièrement rapide. Je sens soudain mon sang battre à mes tempes, à mon cou, mes mains devenir fébriles alors que je tourne l’objet dans mes doigts « Oui, j’ai beaucoup aimé ce film tiré de l’Ouvrage de Jean-Christophe Granger qui m’a conduit dans les ambiances étranges d’Ellroy malgré l’absence du contexte urbain de ses romans ».
Une détonation retentissante et sourde au loin nous rappelle soudain la présence de la ville toute proche qui prépare les festivités. Ma gorge se serre davantage en devinant ce trouble analogue au mien chez mon interlocutrice et comme un besoin de briser la glace s’impose que favorise le déchirement de l’air par l’explosion… « Que diriez-vous d’aller faire quelques pas… ? »,

 Je devine son acquiescement implicite à ses gestes rassemblant rapidement ses affaires ce qui m’offre encore une fois de l’observer dans ses mouvements gracieux pour pivoter de côté , ses jolies mains, la naissance de ses épaules dessinée par l’encolure de la robe, ses bras partiellement dénudés et ses parfums qui viennent avec une puissance accrue je pense par l’effet de ce trouble partagé qui me rend ultra sensible…..

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