Instantanément
j’ai senti à ce contact de ma main une réaction des plus naturelles de défiance
malgré le naturel de mon geste…L’élégance toute aussi naturelle de sa main pour
m’inviter à me redresser est d’une légèreté tout en rapport avec l’atmosphère
comme éthérée de cette mise en relation inhabituelle….
« Voyez,
finalement c’est trois fois rien ce qui a glissé de votre sac » dis-je en
déposant des objets de maquillage. « Oui, Volontiers, je veux bien
m’asseoir à vos côtés » choisissant le côté opposé aux effets posés sur le
banc.
« Je
connais Granger pour Les Rivières Pourpres" un film que j’ai adoré après
avoir lu le seul auteur français à m’avoir apporté le plaisir de lire dans le
style James Ellroy qui m’a conduit à ne plus pouvoir rien lire par la suite….Ha ! voilà
que j’ai oublié son nom…… » Presque spontanément et compte tenu de la
chaleur de cette situation de proximité immédiate, voilà que je m’enflamme
quelque peuau moment même où je sens un intérêt particulier de mon interlocutrice. Mon regard retrouve retrouve le sien après m’être assis.
« Voilà,
j’ai retrouvé : Maurice Dantec, c’est cela, Maurice Dantec……Les livres
sont aussi des objets et je vois que vous êtes sensible aussi au contexte
propice à la lecture, ce lieu, cet isolement….. Vous me permettez ... ?»-dis-je
en tendant la main pour m’emparer du livre déposé bien à plat sur ses
cuisses….mes doigts retrouvent à nouveau un bref instant ce contact physique
avec le fin tissu de la robe légère qui recouvre ses jambes que je sens se
contracter légèrement en réaction à mon geste…
Ces
effleurements successifs contribuent à enrichir en quelques minutes la qualité
d’un trouble envahissant qui semble nous électriser tous les deux en portant
chacun nos sensibilités à une sorte et une forme d’expansion à croissance
particulièrement rapide. Je sens soudain mon sang battre à mes tempes, à mon
cou, mes mains devenir fébriles alors que je tourne l’objet dans mes doigts
« Oui, j’ai beaucoup aimé ce film tiré de l’Ouvrage de Jean-Christophe
Granger qui m’a conduit dans les ambiances étranges d’Ellroy malgré l’absence
du contexte urbain de ses romans ».
Une détonation
retentissante et sourde au loin nous rappelle soudain la présence de la ville toute
proche qui prépare les festivités. Ma gorge se serre davantage en devinant ce
trouble analogue au mien chez mon interlocutrice et comme un besoin de briser
la glace s’impose que favorise le déchirement de l’air par l’explosion…
« Que diriez-vous d’aller faire quelques pas… ? »,
Je devine son
acquiescement implicite à ses gestes rassemblant rapidement ses affaires ce qui m’offre
encore une fois de l’observer dans ses mouvements gracieux pour pivoter de côté
, ses jolies mains, la naissance de ses épaules dessinée par l’encolure de la
robe, ses bras partiellement dénudés et ses parfums qui viennent avec une
puissance accrue je pense par l’effet de ce trouble partagé qui me rend ultra
sensible…..




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