samedi 5 janvier 2013

Episode 10 - Turbulences de papier



Mon interlocuteur s’installe sur le banc et me parle d’auteurs de romans policiers que je ne connais pas…


« - Je ne connais pas ces auteurs, je lis des romans policiers mais pas seulement… Granger a une façon d’écrire que j’aime assez. Très précis et documenter. Et il créé des ambiances toutes particulières, tout comme ses histoires qui sont souvent très dures. J’imagine que vous aussi, vous avez du trouver le film bien en dessous du livre… Même s’il est pas mal… » 

L’homme me parait mal à l’aise, mais peut être que je me trompe. Je ne le connais pas. Nous continuons de discuter. 

« - Les livres sont aussi des objets et je vois que vous êtes sensible aussi au contexte propice à la lecture, ce lieu, cet isolement….. Vous me permettez ... ?»

Il tend la main vers mon livre qui est resté nonchalamment posé sur mes jambes. L’idée de m’écarter me traverse l’esprit, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que je n’ai rien à craindre de cet homme. Là encore, peut être que je fais erreur. De toute façon s’est trop tard, il s’est saisi de l’ouvrage. Je sens cette main chaude à travers ma robe et une drôle d’impression me parcours. Ce geste d’allure innocente me perturbe. Je ne saurais dire comment mais cette proximité me perturbe quelques peu. Je n’ai pas l’habitude de ce genre d’incursion. 

« - J’aime les livres. Je veux dire par là, les livres papiers. Ils ont un charme, un caractère qu’aucun pc, macbook et compagnie n’aura jamais. Et en général, je peux lire n’importe où tant que l’histoire me transporte. Je fais juste le choix d’un peu de confort parfois… »


Je sursaute et regarde autour de nous. Un « gros » bruit sourd vient troubler le calme du Jardin. Sans doute un élément de la scène ou du décor de la soirée qui est tombé, on sent de l’agitation du coté de la grande place… 

« Que diriez-vous d’aller faire quelques pas… ? »

Je hoche la tête et commence à récupérer toutes mes affaires éparpillées. Une fois, fait, je mets mon sac à main sur mon épaule et me lève. L’inconnu m’emboite le pas. Sans mots dire…

L’après midi commence à décliner. La chaleur diffuse le doux parfum de la glycine. J’aime beaucoup ces ambiances de fin d’après midi quand la chaleur est à son paroxysme. Nous marchons donc en silence, dans cette petite allée de graviers. Le silence ne me gêne pas, mais ma curiosité pour cet homme n’est pas rassasiée. 

« Vous n’êtes pas d’ici n’est ce pas ? Il me semble avoir remarqué un accent qui n’est pas de par chez moi… »

 L’homme sourit. Un joli sourire d’ailleurs, plutôt engageant.


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