Mon interlocuteur
s’installe sur le banc et me parle d’auteurs de romans policiers que je ne
connais pas…
« - Je ne connais pas
ces auteurs, je lis des romans policiers mais pas seulement… Granger a une
façon d’écrire que j’aime assez. Très précis et documenter. Et il créé des
ambiances toutes particulières, tout comme ses histoires qui sont souvent très
dures. J’imagine que vous aussi, vous avez du trouver le film bien en dessous
du livre… Même s’il est pas mal… »
L’homme me parait mal à
l’aise, mais peut être que je me trompe. Je ne le connais pas. Nous continuons
de discuter.
« - Les livres sont
aussi des objets et je vois que vous êtes sensible aussi au contexte propice à
la lecture, ce lieu, cet isolement….. Vous me permettez ... ?»
Il tend la main vers mon
livre qui est resté nonchalamment posé sur mes jambes. L’idée de m’écarter me
traverse l’esprit, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que je n’ai
rien à craindre de cet homme. Là encore, peut être que je fais erreur. De toute
façon s’est trop tard, il s’est saisi de l’ouvrage. Je sens cette main chaude à
travers ma robe et une drôle d’impression me parcours. Ce geste d’allure
innocente me perturbe. Je ne saurais dire comment mais cette proximité me
perturbe quelques peu. Je n’ai pas l’habitude de ce genre d’incursion.
« - J’aime les livres.
Je veux dire par là, les livres papiers. Ils ont un charme, un caractère
qu’aucun pc, macbook et compagnie n’aura jamais. Et en général, je peux lire
n’importe où tant que l’histoire me transporte. Je fais juste le choix d’un peu
de confort parfois… »
Je sursaute et regarde
autour de nous. Un « gros » bruit sourd vient troubler le calme du
Jardin. Sans doute un élément de la scène ou du décor de la soirée qui est
tombé, on sent de l’agitation du coté de la grande place…
« Que diriez-vous d’aller
faire quelques pas… ? »
Je hoche la tête et
commence à récupérer toutes mes affaires éparpillées. Une fois, fait, je mets
mon sac à main sur mon épaule et me lève. L’inconnu m’emboite le pas. Sans mots
dire…
L’après midi commence à
décliner. La chaleur diffuse le doux parfum de la glycine. J’aime beaucoup ces
ambiances de fin d’après midi quand la chaleur est à son paroxysme. Nous
marchons donc en silence, dans cette petite allée de graviers. Le silence ne me
gêne pas, mais ma curiosité pour cet homme n’est pas rassasiée.
« Vous n’êtes pas
d’ici n’est ce pas ? Il me semble avoir remarqué un accent qui n’est pas
de par chez moi… »
L’homme sourit. Un joli
sourire d’ailleurs, plutôt engageant.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Promenez-Vous en nos mots.......