Chacun est à présent bien ancré au
sol.
«
Ouf ! Il s’en est fallut de peu ! Ca va ? »
L’homme a, à présent
posé sa main sur celle que j’ai maladroitement posée sur son torse, par
réflexe. Je sens son cœur qui bat dans sa poitrine, visiblement, lui aussi a
été très surpris. Il s’excuse.
« Il n’y a pas de mal,
je saurais qu’il vaut mieux, ne pas marcher devant vous dorénavant ! »
Je lui parle, mais mon
esprit est ailleurs. Concentré sur cette douce chaleur qui émane de sa main.
Cette main posée sur la mienne me perturbe.
« - Les parapluies n’auront aucune utilité par
un tel beau temps, mais l’image de la protection est touchante, venant de vous
après un tel sauvetage……
- Sauvetage est un
bien grand mot, je suis un peu à la source de l’incident… Mais j’aime assez
l’idée ! Vous verrez c’est un établissement, avec une terrasse dans une petite
cours intérieure des plus charmante. Typique des hôtels particuliers de la
ville…»
Nous parlons, mais ne
faisons aucun mouvement. Ni l’un ni l’autre. Comme figés. Je ne me sens pas
particulièrement à mon aise dans cette configuration, et pourtant, il est
plaisant de sentir le contact chaleureux de cet Autre.
« - Vous me montriez
ces serres, vous les connaissez peut-être, j’ai été tellement charmé par la
visite à Berlin des Serres du château de Charlottenburg et son fameux jardin
botanique, bouleversant d’émotions…
- Je ne connais pas
les Serres dont vous parler, mais celles-ci oui, je m’y suis déjà promenée.
Elles sont modestes mais très joliment élaborées… J’aime beaucoup les jardins,
les parcs de manière générale, il est doux de s’y égarer et d’y perdre son
temps.
- Nous parlerions
parfois des heures de ce qui nous tient à cœur, ou bien encore nous a touché,
n'est-ce pas!
- Oui c’est vrai… »
L’homme semble à
l’aise, tout le contraire de moi… Il joue de cette main posée sur la mienne,
faussement prisonnière, petite chose fragile sous cette main puissante d’homme.
L’instant est doux.
Cependant, je ne sais
que faire, reprendre ma main ? Attendre ? Mon regard n’arrive qu’à hauteur
d’épaule et je n’ose relever la tête vers Lui pour scruter son visage, de peur
que mon trouble soit trop visible. De peur de ce que je pourrais y lire. Mais
cela me déstabilise encore plus, j’aime regarder les gens quand je leur parle,
lire sur leurs traits le cheminement de leur pensée.
Je suis tiré de mes
réflexions par une sensation de chaleur qui se pose délicatement sur ma hanche…
Saisie. Tant dans le geste que par la surprise. Ce contact est agréable, ce
bras loger dans la cambrure de mon dos, cette autre main qui me maintien sans
me tenir réellement… J’ai le cœur qui s’emballe, et c’est instinctivement que
je relève cette fois la tête pour regarder mon interlocuteur. Il est calme et
serein, comme ces personnes qui savent très bien où elles vont et pourquoi.
Rien d’impulsif n’émane de cette personne, tout semble maîtrisé…
La panique, m’étrangle
et je me déroule de ce bras, rapidement, comme les danseuses après un tour. Je
suis gênée et confuse, d’avoir eu cette brusquerie. Dans une étincelle de bon
sens, je lui lance « Je peux prendre votre bras ? »…
Puis me tais. Essais
de me recentrer. Mais je sens encore cette main posée sur moi…




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